Historique

historique

C’est au mois de mai 1996 que MM. Yves Paradis et Bruno Pellerin ont examiné la possibilité d’instaurer un projet d’intervention en délinquance sexuelle. Ils ont rapidement constaté qu’un tel projet pouvait trouver sa place dans le milieu communautaire. En effet, il existait très peu de ressources spécialisées pour la clientèle sexuellement délinquante à faible revenu. Et comme ils connaissaient professionnellement le milieu de la délinquance sexuelle depuis un certain temps, ils ont multiplié les efforts et les rencontres afin de tracer les lignes directrices de ce projet avant la fin de 1996.

La Régie régionale de la santé et des services sociaux à Laval (programme de traitement) ainsi que le ministère de la Sécurité publique (programme de sensibilisation à la délinquance sexuelle) accordent un financement pour l’année 1997–1998. Le CIDS rencontre différents professionnels et organismes communautaires de la région de Laval (Centre de prévention et d’intervention pour les victimes d’agression sexuelle, Centre pour hommes opprimés et colériques, Services de psychologie populaire, Mesures alternatives jeunesse) dans le but de créer des liens, de faire connaître le projet et d’obtenir des appuis.

 

Un acteur important de la société

Le CIDS amorce ses activités cliniques au mois de décembre 1997 sur le territoire de Laval. Peu après, le Département de sexologie de l’UQAM accepte une proposition de partenariat en vue de former plus particulièrement des sexologues clinicien(ne)s. À sa troisième année, le Centre accueille des stagiaires à la maîtrise provenant de l’École de criminologie de l’Université de Montréal; ils reçoivent une formation clinique en délinquance sexuelle. Puis, le programme de sensibilisation à la délinquance sexuelle est donné directement à l’Établissement de détention de Saint-Jérôme. Élargissant toujours ses horizons, le CIDS conclut une autre entente en 2001 avec le ministère de la Sécurité publique afin de desservir toute la clientèle sexuellement délinquante du territoire de la Montérégie.

La recherche intéresse aussi le CIDS. D’abord, en participant aux protocoles proposés par des professeurs provenant des universités de Montréal et du Québec à Montréal. Pour sa part, le Centre publie un article critique du modèle de la prévention de la récidive présenté par Pithers en 1988. Et en collaboration avec MM. Michel Goulet et Louis-Robert Frigault du Département de sexologie de l’UQAM, le Centre procède à une analyse qualitative des justifications cognitives des agresseurs sexuels. Cette recherche dévoilée en 2005 est subventionnée par l’Agence de Laval.

Le CIDS fait aussi face à des défis de taille. À l’été 2004, il se trouve dans l’obligation de fermer ses portes pendant cinq semaines en raison d’un manque de financement. Cette fermeture temporaire fut catastrophique à trois niveaux : pour la clientèle et les ressources qui dirigent cette clientèle vers le CIDS, pour l’équipe traitante et pour l’administration du CIDS. Toutefois, et en un court laps de temps, le Centre a repris ses activités cliniques avec un professionnalisme exemplaire.

 

Rayonner à Montréal et en Europe

Avec le temps, le CIDS constate qu’il serait des plus intéressants qu’il puisse s’établir sur le territoire de Montréal afin de mieux desservir la clientèle provenant du réseau correctionnel québécois de cette région. C’est finalement au mois d’avril 2009 que le programme de sensibilisation à la délinquance sexuelle est offert dans les locaux de la Corporation Maison Charlemagne de Montréal (agence de surveillance communautaire). Peu après, le CIDS commence à accueillir sur le territoire de Montréal la clientèle de cette même région provenant du ministère de la Sécurité publique.

Une autre facette du travail du CIDS réside dans le souci des échanges avec les acteurs majeurs du domaine de la délinquance sexuelle. C’est ainsi que, depuis 2001, M. Paradis présente régulièrement des communications au Congrès international francophone sur l’agression sexuelle (CIFAS). Ce congrès se tient en alternance à la fois au Québec et en Europe. D’autres membres de l’équipe y font aussi des présentations : Mme Isabelle Gignac (2007), Mme Annie Caron (2007) et M. Steve Titley (2009, 2011). En 2007, alors que le CIFAS se déroule à Paris, le CIDS remporte les honneurs grâce au travail de M. Yanick Charrette (assistant de recherche) et M. Jean-Pierre Guay (président du conseil d’administration du CIDS). En effet, la ressource a reçu le deuxième prix « Jeune chercheur » pour la recherche intitulée « L’utilisation d’Internet et de la pornographie par les délinquants sexuels », présentée sous la forme d’une immense affiche explicative.

 

Tourné vers l’avenir

L’année 2010–2011 marque le départ d’un collaborateur et de deux collaboratrices de longue date : M. Bruno Pellerin, sexologue éducateur et criminologue, Mme Annie Caron, sexologue clinicienne et criminologue, et Mme Norma Contreras, adjointe administrative.

Depuis l’été 2011, grâce à une entente conclue avec la direction territoriale de Montréal du ministère de la Sécurité publique, le CIDS offre son programme de sensibilisation à la délinquance sexuelle dans deux établissements de détention de Montréal : Rivière-des-Prairies et Bordeaux.

Depuis la démocratisation de l’internet, le phénomène des abus sexuels en ligne prend de l’ampleur. Le CIDS est en mesure de le constater puisqu’il reçoit de plus en plus de clients aux prises avec un problème d’abus sexuel en ligne. C’est pour cette raison que ce site y accorde une importance cruciale. De fait, le Centre ne cesse d’améliorer ses connaissances sur le sujet et offre non seulement une aide thérapeutique spécialisée aux cyberdélinquants sexuels, mais aussi des conseils aux divers professionnels, aux jeunes et à leurs parents.

 

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